brainstorm team créatif et friction créative

On vous l’a dit cent fois : « Avec l’IA, on peut tout faire en interne maintenant ». Votre client vous l’a peut-être déjà sorti. Votre CMO l’a suggéré en réunion. Votre concurrent low-cost le vend comme argument.

L’idée, c’est que si on connecte ChatGPT (pour les mots) et Midjourney (pour les images), on obtient un binôme créatif virtuel. Un DA/CR numérique. Rapide. Pas cher. Disponible 24/7.
 
Sauf que non.
 
Et on ne parle pas de résistance romantique au progrès ou de corporatisme créatif. On parle d’un truc très concret : ce qui se passe quand deux cerveaux humains se frottent l’un à l’autre, aucune machine ne peut le reproduire.

Démonstration.

 


 

Expérience n°1 : Si on mettait ChatGPT et Midjourney en binôme

 


 

Imaginons. On branche les deux IA ensemble. On leur donne un brief : créer une campagne pour une marque de cosmétiques naturels, cible urbaine 30-45 ans, positionnement premium accessible.

 

ChatGPT démarre :

« Je propose le concept ‘L’authenticité réinventée’. Accroche principale : ‘Soyez vous-même, en mieux’. Territoire : la beauté consciente et décomplexée. Ton : inspirant mais accessible. »

Midjourney répond :

[Génère une image : femme souriante, lumière dorée, esthétique minimaliste, tons pastel, texture naturelle, composition équilibrée]

ChatGPT valide :

« Excellent choix visuel, Midjourney. Cette direction reflète parfaitement les valeurs de bien-être et d’aspiration que nous cherchons à véhiculer. La lumière dorée évoque la naturalité tout en conservant une dimension premium. Souhaitez-vous que je décline le concept sur différents formats ? »

Midjourney poursuit :

[Génère 4 variations : même femme, mêmes codes, parfaitement cohérentes, post Instagram + bannière web + affiche 4×3 + story]

ChatGPT conclut :

« Magnifique cohérence visuelle sur l’ensemble des supports. Je valide la série. Nous avons un territoire de marque solide et déployable. Passons à la production ? »

 


 

☠️ Résultat : un concept lisse, optimisé, et terriblement prévisible

Ce que ce « binôme » vient de produire :

  • ✅ Un concept qui sonne bien (« authenticité réinventée »)
  • ✅ Une accroche qui fonctionne (« soyez vous-même en mieux »)
  • ✅ Un univers visuel cohérent (pastel + doré + minimaliste)
  • ✅ Des déclinaisons efficaces (tous les formats couverts)

Et pourtant, c’est exactement le genre de campagne qui pourrait vendre :

  • Un yaourt bio
  • Une appli de méditation
  • Une banque en ligne éthique
  • Une marque de vêtements éco-responsables
  • N’importe quel produit wellness premium

Le problème ? Il n’y a rien dedans.

Aucun des deux n’a dit :

  • « Attends, ‘en mieux’ ça sonne faux, non ? Ça implique qu’on était pas bien avant… »
  • « Bordel, on peut pas faire ENCORE du pastel minimaliste, on est pas chez Glossier »
  • « Ce concept il est où exactement ? Je vois juste des mots marketing mis bout à bout »
  • « Cette image elle est jolie, mais elle me raconte quoi sur la marque ? »

Ils ont convergé. Poliment. Efficacement. Tristement.

Ils ont produit ce qu’on appelle dans le métier : du générique premium. Ça a l’air bien. Ça ne dérange personne. Ça ne marque personne non plus.


 

Ce qui se passe vraiment dans un vrai binôme créatif

 

 

 

Maintenant, prenons le même brief. Donnons-le à un vrai binôme DA/CR. Observons.

 

 

Le CR lit le brief à voix haute :

« Bon… cosmétiques naturels, premium accessible, cible urbaine 30-45… Déjà je sens le truc qui va finir en pastel avec une nana qui sourit dans une salle de bain scandinave. »

Le DA grimace :

« Ouais. Le coup du ‘naturel mais premium’, on l’a fait mille fois. Attends, si on inversait le truc ? »

Le CR : « C’est-à-dire ? »

Le DA : « Genre, on arrête de montrer la nature. On fait l’inverse. Du très urbain, presque industriel. Des textures brutes. On montre que le naturel c’est pas forcément des champs de lavande. »

Le CR hésite : « Mouais… mais ça peut faire froid, non ? Le produit c’est quand même du soin… »

Le DA : « Justement, on joue sur le contraste. Visuellement c’est dur, mais le ton il est doux. Genre… » [fait un geste vague avec les mains] « …tu vois ? »

Le CR : « Attends attend attend. Ok. Donc visuellement on casse le côté carte postale nature, et en accroche on parle pas de ‘authenticité’ ou ce genre de bullshit… »

Le DA : « Exactement. »

Le CR : « On dit quoi alors ? »

Silence. Ils regardent le moodboard. 15 secondes.

Le DA : « Un truc genre… ‘moins de décor, plus de peau’ ? »

Le CR : « Pas mal mais trop produit. Attends… » [griffonne] « ‘On a viré le superflu’ ? »

Le DA : « VOILÀ. Et visuellement je garde que les mains et le produit. Fond béton. Lumière crue. »

Le CR : « Ok mais alors le ton général il est pas ‘inspirant et accessible’, il est plutôt… »

Le DA : « Direct. Franc. »

Le CR : « Genre ‘on te raconte pas d’histoires’. Ok je vois. On peut pousser ça. »

 

 

Durée totale de l’échange : 3 minutes. Nombre de pivots conceptuels : 4.

 

✏️ Un logo, une campagne, un ton juste à trouver ?

 

👾 Les 7 choses qu’un binôme IA ne peut pas produire

 

1. Le désaccord authentique

 

Ce qui s’est passé : Le CR a douté. Il a dit « ça peut faire froid ». Cette résistance a forcé le DA à clarifier son intention, à pousser plus loin, à trouver la nuance (le contraste dur/doux).

Pourquoi l’IA ne peut pas : Deux IA n’ont pas d’ego, pas de vision personnelle à défendre. Elles optimisent pour la cohérence. Elles convergent. Elles ne se battent jamais sur un mot, une couleur, une direction.

Or c’est dans ces micro-conflits que naît l’inattendu.

 

2. L’incompréhension créative

 

Ce qui s’est passé : Le DA a fait un geste avec les mains. Le CR n’a pas compris tout de suite. Cette incompréhension a forcé le DA à reformuler son idée. Et dans cette reformulation, l’idée s’est précisée.

Pourquoi l’IA ne peut pas : Deux IA se comprennent parfaitement. Elles parlent le même langage de patterns et de probabilités. Elles ne buttent jamais sur un « attends, qu’est-ce que tu veux dire exactement ? » salvateur.

Or c’est en reformulant qu’on affine. Qu’on clarifie. Qu’on trouve.

 

3. Le silence qui pense

 

Ce qui s’est passé : 15 secondes de silence. Ils regardaient le moodboard sans parler. Dans ce blanc, l’idée a décantée. Le concept a mûri.

Pourquoi l’IA ne peut pas : L’IA répond instantanément. Elle ne connaît pas le silence pensant. Elle ne laisse jamais reposer une idée. Elle ne peut pas te dire « attends, là je sais pas, faut que ça maturation ».

Or c’est dans ces pauses que se forge la conviction.

 

4. Le détour par l’absurde

 

Ce qui s’est passé : Le CR a commencé par la critique (« je sens le truc qui va finir en pastel »). Cette provocation a poussé le DA à chercher l’inverse. Le concept est né d’une réaction, pas d’une proposition directe.

Pourquoi l’IA ne peut pas : L’IA ne provoque pas. Elle propose. Elle ne dit jamais « attention, on va tomber dans le cliché ». Elle est le cliché, optimisé et bien présenté.

Or c’est en évitant activement le convenu qu’on trouve le singulier.

 

5. L’erreur heureuse

 

Ce qui s’est passé : « Moins de décor, plus de peau » était une première tentative ratée. Mais elle contenait le germe de « On a viré le superflu ». L’erreur a nourri la trouvaille.

Pourquoi l’IA ne peut pas : L’IA ne se trompe pas par accident. Elle génère des variantes, des optimisations. Mais elle ne produit pas de beaux ratés. Elle ne peut pas lâcher un truc bizarre et te dire « je sais pas pourquoi j’ai dit ça, mais y’a un truc non ? »

Or les meilleures idées naissent souvent d’accidents qu’on décide de garder.

 

6. La culture comme terrain de jeu

 

Ce qui s’est passé : Quand le DA dit « lumière crue, fond béton », le CR capte immédiatement la référence implicite (l’esthétique industrielle, le minimalisme brutal, l’anti-Instagram). Ils partagent un terrain culturel commun.

Pourquoi l’IA ne peut pas : Deux IA peuvent croiser des références. Mais elles ne les ont jamais habitées. Elles ne peuvent pas dire « ouais mais attention, si on fait trop béton brut on va tomber dans le piège du masculin toxique, on veut du brut mais avec du soin ».

Or c’est cette navigation fine dans les codes culturels qui crée de la justesse.

 

7. La conviction partagée

 

Ce qui s’est passé : À la fin de l’échange, ils savaient tous les deux que « c’est ça ». Pas parce que c’était la solution optimale. Mais parce qu’ils y croyaient. Cette conviction partagée va leur donner la force de défendre le concept face au client.

Pourquoi l’IA ne peut pas : L’IA ne croit en rien. Elle calcule des probabilités de succès. Elle ne peut pas défendre un concept fragile avec cran. Elle ne peut pas dire « je sais que ça semble risqué, mais faites-nous confiance ».

Or c’est cette capacité à porter une vision qui fait qu’un concept passe ou casse.

 

✏️ Un logo, une campagne, un ton juste à trouver ?

 

✨ Ce que produit réellement la friction créative

 

1. Un concept qui a survécu au feu

 

Le binôme DA/CR ne produit pas une idée. Il produit une idée qui a résisté aux objections, aux doutes, aux angles morts.

Quand vous recevez une proposition d’un vrai binôme, vous recevez un concept qui a déjà été challengé 50 fois en interne. Qui a été retourné, démoli, reconstruit.

Résultat : Il tient la route. Il a des fondations solides. Il survivra à vos questions.

 

2. Une singularité de ton et de style

 

Deux IA qui collaborent produisent du consensuel optimisé. Deux humains qui se frottent produisent une troisième voie que ni l’un ni l’autre n’aurait trouvée seul.

Le DA voulait du dur. Le CR voulait du doux. Ensemble, ils ont trouvé le contraste dur/doux. C’est cette chimie du désaccord productif qui crée de la singularité.

Résultat : Un territoire de marque qui ne ressemble à rien d’autre.

 

3. Un équilibre fragile entre fond et forme

 

L’IA optimise séparément : le texte d’un côté, l’image de l’autre. Le binôme construit en tension permanente : l’image nourrit le texte, le texte oriente l’image, dans un aller-retour constant.

 

Résultat : Un concept où fond et forme sont indissociables. Pas deux éléments juxtaposés, mais un tout cohérent.

 

4. Une intelligence collective (1 + 1 = 3)

 

Ce n’est pas magique. C’est mécanique : quand deux logiques différentes se rencontrent, elles produisent des connexions qu’aucune des deux n’aurait faites seule.

Le DA pense en images. Le CR pense en mots. Mais ensemble, ils pensent en concepts. Et c’est précisément ce qui fait qu’une campagne a une colonne vertébrale.

Résultat : Une vision claire, défendable, porteuse.


 

💥 Pourquoi ça compte pour votre business

 

Vous ne payez pas deux personnes. Vous payez une friction.

 

Quand vous faites appel à un binôme créatif, vous n’achetez pas :

  • Un rédacteur + un designer
  • Des mots + des images
  • De la production rapide

 

Vous achetez :

  • Un processus de confrontation créative
  • Une capacité à challenger les idées en temps réel
  • Un filtre anti-bullshit intégré
  • Une conviction partagée qui va porter le projet

 

L’IA fait du rapide. Le binôme fait du solide.

 

L’IA vous donne :

  • 10 pistes en 30 minutes
  • Toutes cohérentes
  • Toutes « qui marchent »
  • Aucune vraiment mémorable

 

Le binôme vous donne :

  • 3 pistes en 3 jours
  • Dont une qui vous fait tilter
  • Qui tient sous le feu des questions
  • Que vous allez défendre en interne

 

Vous ne voulez pas du contenu. Vous voulez du sens.

 

La différence entre un concept généré et un concept créé, c’est l’intention.

L’IA agrège. Elle compile. Elle optimise. Mais elle ne sait pas pourquoi cette direction plutôt qu’une autre. Elle ne peut pas vous expliquer les arbitrages. Elle ne peut pas défendre un choix fragile.

Le binôme, si. Parce que derrière chaque concept, il y a eu :

  • Des dizaines de pistes explorées (et abandonnées)
  • Des débats sur chaque mot, chaque couleur, chaque détail
  • Une compréhension fine de vos enjeux (pas juste de votre brief)
  • Une vision assumée de là où vous devez aller

 

Et ça, ça ne se génère pas en 30 secondes.
 

✏️ Un logo, une campagne, un ton juste à trouver ?

 

🤡 Ce que l’IA ne remplacera jamais

 

La capacité à dire « non, c’est pas ça »

 

L’IA valide tout. Elle optimise tout. Elle ne rejette jamais une idée en disant « c’est propre mais c’est faux ».

Le binôme, si. Et c’est précisément cette capacité de rejet exigeante qui fait monter le niveau.

 

La capacité à assumer l’arbitraire

 

Parfois, un concept fonctionne sans qu’on puisse le justifier rationnellement. « Ça sonne juste. » « Ça a quelque chose. » « Je le sens. »

L’IA ne sent rien. Elle calcule. Le binôme assume l’intuition.

Et dans le branding, l’intuition est une donnée stratégique.
 

La capacité à défendre avec conviction

 

Un concept ne vit que s’il est défendu. Face à votre direction, face à vos équipes, face au marché.

L’IA génère des arguments. Elle ne les porte pas avec cran.

Le binôme, si. Parce qu’il y croit. Parce qu’il s’est battu pour cette idée en interne. Et cette conviction, elle est contagieuse.


 

Conclusion : Vous n’avez pas besoin d’un binôme d’IA. Vous avez besoin d’un vrai binôme.

 

L’IA peut vous aider à :

  • Défricher rapidement
  • Générer des variations
  • Accélérer la production

 

Mais elle ne peut pas :

  • Créer de la friction créative
  • Produire de la singularité
  • Assumer l’arbitraire
  • Défendre avec conviction
  • Comprendre vos enjeux cachés
  • Porter une vision

 

Un vrai binôme créatif, c’est :

  • Deux cerveaux qui se challengent
  • Une friction qui fait naître des idées
  • Un filtre qui élimine le bullshit
  • Une capacité à dire « ça, c’est ça »
  • Une conviction qui porte le projet

 

Vous pouvez générer du contenu en interne avec l’IA. Vous ne pouvez pas créer du sens.

Et franchement, entre une campagne qui « fait le job » et une campagne qui marque les esprits, la différence n’est pas dans la vitesse de production.

Elle est dans ces 60 centimètres entre deux cerveaux qui refusent d’être d’accord trop vite. 

Et si vous cherchez un vrai binôme créatif, contactez-nous.
 

💬 Parlez-nous de votre projet

✏️ Un logo, une campagne, un ton juste à trouver ?

     

    Cet article a été écrit par un humain qui a bossé en binôme pendant des années et qui sait que les meilleures idées naissent toujours d’un « attends, et si on faisait pas ça ? »

     

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